Après le transfert du STIF aux collectivités locales et notamment à la Région Ile-de-France, de nombreuses mesures ont été prises pour remédier à cette situation.
Ainsi le Syndicat des Transports d’Ile-de-France a-t-il passé commande, l’été dernier, de 24 automotrices bi-mode grande capacité mises en place notamment sur cette ligne à partir de la fin de cette année.
Parallèlement, le STIF a décidé, en décembre 2006, de fusionner les zones tarifaires de carte orange 6, 7 et 8 ce qui devrait représenter pour les usagers travaillant en 1ère couronne une économie de plusieurs centaines d’euros par an.
Pour autant, les voyageurs, dans l’attente de la mise en service des nouvelles rames, doivent s’armer de patience et supporter les multiples incidents qui émaillent chaque jour leur parcours. L’analyse des incidents montre que moins de 10% des trains sont à l’heure sur ce trajet.
La SNCF reconnaît même des pics de retards supérieurs à 5 minutes de plus de 30% en novembre et décembre dernier. Mais elle refuse toute indemnisation, arguant qu’il n’y a pas eu d’interruption du trafic et que « la carte orange ne comporte pas vis-à-vis du client d’engagement contractuel sur les retards ! ».
Et pendant ce temps la situation continue à se dégrader, avec cette fois une interruption pure et simple du trafic durant 5 heures dans la matinée du 25 janvier, privant les usagers de tout moyen de transports collectif faute de mise en place d’une solution alternative.
Ce constat et le caractère inacceptable de la situation démontrent l’urgence de l’électrification de la ligne, attendue depuis longtemps.
C’est pourquoi, Monsieur le Président nous souhaiterions :
- que vous puissiez, comme président du STIF, intervenir fermement auprès de la SNCF pour que les usagers bénéficient d’un remboursement total de leur carte orange en janvier, tenant ainsi tout à la fois compte des nombreux retards subis et de l’interruption du trafic le 25 janvier. Ce serait un signe de considération et d’écoute donné aux voyageurs victimes de ces dysfonctionnements.
- que vous puissiez nous apporter des précisions sur l’état de vos échanges avec le représentant de l’Etat pour intégrer dans le futur contrat de projet l’électrification de la ligne Paris-Provins.
Réponse de M. Jean-Paul HUCHON, Président du Conseil Régional d’Ile-de-France :
La régularité de cette ligne est extrêmement déficiente depuis plusieurs années, on en connaît la cause : vétusté des locomotives diesels qui assurent le service. C’est pourquoi nous avions inscrit, dans les études d’avant-projets d’électrification de la section Gretz/Troyes de la ligne Paris/Bâle au Contrat de plan Etat/Région 2006, à hauteur de 3,5 M€, montant financé sur 25 % Etat, 37 % de la Région et 37 % Champagne-Ardenne, à l’issue des études, le coût de ce projet a été estimé à 206 MF. On est quand même sur un sujet très important et il faut le signaler.
RFF à l’époque a fait savoir que ces études ne seraient pas engagées tant que la réalisation des travaux ne serait pas elle-même financée, ce qui a conduit à reporter la réalisation au contrat suivant.
Alors une réponse qui devrait vous agréer, cher collègue : j’ai fait désormais, et dans le Contrat de projet 2007-2013, qui sera soumis à votre assemblée prochainement, 30 M€ de crédits sont inscrits pour engager enfin les travaux d’électrification de la ligne Paris-Provins. Bien sûr, ces montants sont en cohérence avec ce qu’apporte la Région Champagne-Ardenne dans son propre CPER. Donc c’est 30/30, si j’ose dire, et une part de l’Etat qui correspond à la part de l’Etat prévue, 25 %. Donc là, il y a quand même une avancée du dossier, d’ailleurs il a été mis en ligne par Marie-Pierre de la Gontrie et Mme Barbouroux hier soir, et vous devez avoir trace de ce dossier.
Sans attendre des effets de ce projet qui est évidement formidablement structurant, et pour améliorer le fonctionnement de la ligne et résoudre les problèmes d’irrégularité que vous avez stigmatisés, le conseil du STIF, le nouveau conseil, a décidé en mai 2006 l’acquisition de vingt-quatre AGC bimodes, dont les premières seront mises en service à la fin de cette année 2007. Nous avons eu l’occasion, je crois, de faire le parcours ensemble dans un objet roulant comparable, puisque emprunté justement à la Région Picardie ou à la Région Champagne-Ardenne.
Ce nouveau matériel devrait apporter une nette amélioration de la qualité de service : régularité, confort, climatisation. Dans l’immédiat, j’ai demandé à la présidente de la SNCF, Mme Idrac, qu’elle vienne exposer, ce sera le cas lors d’un prochain conseil du STIF, les mesures qu’elle compte mettre en œuvre rapidement pour que la régularité de la ligne soit conforme aux objectifs fixés dans le contrat avec le STIF. Et je vous rappelle que ces objectifs, je crois que les collègues doivent bien entendre les chiffres, sont entre 7 et 8 % d’irrégularité alors qu’aujourd’hui, on atteint et on dépasse souvent 15 voire 20 % d’irrégularité sur cette ligne. Il y a donc un énorme travail à faire, et donc Mme Idrac devra s’expliquer devant les collègues qui sont au STIF sur ce sujet. Je sais qu’à la SNCF, M. Mignaux m’a dit qu’il travaillait, mais on aura quelques éléments.
Et au-delà, bien sûr, j’ai demandé à la SNCF de mettre au point, et très rapidement, un geste commercial en direction des intéressés, vous avez fait une proposition, cela peut faire partie, en effet, des propositions qui sont soumises à la SNCF.
Voilà ce que je voulais vous dire, un dossier qu’on ne perd pas de vue, et qui connaîtra une vraie avancée au Contrat de projets. C’est d’ailleurs le dossier interrégional le plus important du Contrat de projets.