La Région Ile-de-France est une région riche de ses potentialités mais où les inégalités de destin, qu’elles soient sociales ou territoriales, sont telles qu’elles fragilisent l’ensemble de notre région et en hypothèquent son développement et son attractivité pour les prochaines années.
Pour prendre une image scientifique, les équations générales liées aux atouts de notre région et à une volonté politique forte ne sont pas si mauvaises, mais les contraintes et les conditions initiales presque toujours structurantes en la matière risquent de dégrader fortement la solution d’une équation très complexe.
Les contraintes imposées par l’Etat à travers les OIN, le plan d’exposition aux bruits ou un schéma universitaire gardé sous le coude jusqu’à la dernière minute peuvent contrarier les objectifs à atteindre, largement décrits dans notre vision régionale, dont je rappelle qu’elle est une vision d’intérêt général.
En effet, quand on forge le visage de l’Ile-de-France de demain, c’est un peu celui de la France que l’on façonne, sans oublier un des enseignements des émeutes de novembre 2005 : quand l’Ile-de-France s’enrhume, c’est toute la France qui éternue.
Par manque de temps, je n’évoquerai que quelques-uns de ces objectifs. Ceux qui concernent le logement, qui permettront à l’Ile-de-France d’apporter une grande part à l’effort national pour résoudre la crise du logement; ceux qui ont trait au développement économique, car là aussi, la région Ile-de-France doit tirer notre pays vers le haut; ceux en matière de transports publics et plus généralement de grand équipements structurants, pour rendre l’Ile-de-France, porte d’entrée de notre pays, encore plus attractive et favoriser la mise en œuvre de la plus grande éco-région d’Europe au service de la qualité de vie des Franciliens.
Enfin, je n’oublie pas l’objectif transversal auquel se raccordent en quelque sorte tous les autres, qui vise à assurer en Ile-de-France une cohésion sociale plus grande par la réduction des inégalités et à rétablir un véritable un "vivre ensemble" par le renforcement de l’identité francilienne, auquel l’élaboration de ce schéma directeur a d’ailleurs contribué.
On peut regretter, sur la forme, le statut ambigu de ce document qui jongle entre les normes juridiques, les contraintes locales et les différentes obligations imposées par l’Etat. Il est naturel que l’on ait un grand nombre d’amendements. Nous sommes cependant inquiets devant certains éléments du texte principal et certains amendements.
C’est ainsi qu’une démarche vertueuse peut parfois aboutir à un document assez décalé. L’exercice est complexe et le résultat final peut être aléatoire.
Je prendrai l’exemple de l’agriculture, secteur clé de l’Ile-de-France. La vision inscrite dans le SDRIF semble être proche d’une construction mécaniste et théorique, voire idéologique, qui s’éloigne de la réalité francilienne telle qu’elle existe aujourd’hui et telle qu’elle devra subsister demain si nous voulons répondre en ce domaine aux enjeux et défis à venir.
Sur un autre sujet, la réflexion sur le SDRIF n’aurait-elle pas été renforcée si nous n’avions pas fait l’économie d’un débat contradictoire sur le transport aérien et la pertinence d’un scénario troisième aéroport ?
Malgré tout, nous tenons à saluer à nouveau l’effort de concertation, l’implication des acteurs locaux et de l’ensemble des Franciliens qui ont montré leur souci de forger un avenir commun soucieux de l’intérêt général par une prise en compte des contraintes d’aujourd’hui et des enjeux de demain. Il importe donc qu’ils n'aient pas travaillé en vain.
Or, la vie est ainsi faite que l’Etat voudra avoir le dernier mot. Malheureusement, et nous sommes tristes de faire ce constat, l’Etat n’a pas toujours été cet Etat stratège soucieux de l’intérêt général que l'on est en droit d'attendre, mais s'est fait à notre goût un peu trop le relais des choix partisans du gouvernement.
Monsieur le Président, aujourd’hui n’est qu’une étape, il ne faudrait pas, pour reprendre un bon mot de Gary Lineker, qui décrivait le football comme un sport qui se joue à onze et où l’Allemagne gagne toujours à la fin, qu’après deux ans d’effort collectif, le SDRIF se soit joué à beaucoup plus de onze et qu’à la fin, ce soit le seul point de vue de l’Etat qui l’emporte.
Le débat sur les amendements s’annonce riche et long. Le groupe MRC déterminera sa position à l’issue de ce débat.
Je vous remercie.