Dix-huit mois après cette première version adoptée en séance plénière, nous nous trouvons devant un document d’une plus grande visibilité, fidèle aux ambitions initiales de donner à l’Ile de France le visage d’une écorégion plus attractive, plus humaine et plus solidaire.
Les dix-huit mois écoulés valident notre vision, qui s’appuie sur trois défis majeurs qui sont la déclinaison des principes gouvernant au développement durable : l’efficience économique, le respect de l’environnement et la solidarité.
En dix-huit mois, beaucoup de choses se sont passés dont
- une enquête publique sans précédent qui a abouti à un rapport d’enquête de près de 700 pages
- la mise en place d’un comité technique et d’un comité de pilotage Etat-Région qui a permis une convergence des deux points de vue même si le point de vue de l’Etat est parfois asséné comme un diktat.
Et surtout le temps a su faire son affaire. Un processus de décantation intellectuelle à d’abord fait progresser dans les esprits, des concepts difficiles tels que la densification, une approche territoriale novatrice par faisceaux dont on a bien compris qu’elle était avant tout un outil théorique parmi d’autres, la place centrale donnée au fleuve comme élément fédérateur du projet spatial, une cartographie originale et efficace.
Un travail de réécriture aussi titanesque que le premier a enfin permis, dans un exercice de va-et-vient, d’aboutir à ce document.
Certes, il y a sûrement des points qui peuvent recevoir quelques critiques. Mais la construction d’un document tel que le SDRIF est un exercice à la fois global et contraint. C’est d’ailleurs là que réside l’enjeu véritable du développement durable.
Tout est question d’équilibre… un équilibre dynamique comme on peut le dire en chimie.
Bien sûr, on entend des critiques ici où là. Mais la majeure partie de ces critiques sont le plus souvent liées à un réflexe pavlovien dogmatique ou un opportunisme à l’approche des élections régionales.
A ceux qui nous indiquent que nous avons sacrifié l’environnement sur l’autel du développement économique d’autres répondent en nous faisant le reproche inverse. C’est que vous avez su trouver le bon point d’équilibre.
Car le SDRIF n’a rien sacrifié. Peut-être souffrait-il dans sa première version d’une dilution dans l’écriture, d’une synthétisation insuffisante des objectifs et des actions à mener ou d’une lecture peu aisée.
Mais cette nouvelle version a su rendre plus lisible les enjeux dans l’Ile-de-France du 21ème siècle et les moyens pour y répondre.
Je comprends d’ailleurs l’embarras du gouvernement. D’abord parce que la commission d’enquête a surtout pointé les incohérences de ses intentions et objectifs et les insuffisances de son action et des moyens pour y parvenir.
Ensuite, surtout parce que ce SDRIF met en œuvre des principes forts que le gouvernement ne comptait utiliser qu’à des fins de communication. Je ne retiendrai que le secteur du logement avec la loi DALO qui sera vidé de sa substance par la remise en cause de la loi SRU et celui de l’environnement avec un Grenelle dont on sait qu’il a accouché d’une souris.
Sans se renier, la Région, quant à elle, a su apporter des clarifications, des améliorations et une plus grande lisibilité à un document d’urbanisme qui fera date.
Nous trouvons d’ailleurs paradoxal que la majorité présidentielle frappe plus fort et tous azimuts sur ce SDRIF qu’elle n’a pu le faire en février 2007 alors que, dans l’intervalle, la Région a intégré les recommandations de la commission d’enquête, le retour des collectivités territoriales et de le produit de sa concertation avec l’Etat.
A se demander si ces coups assénés sans discernement par la majorité présidentielle ne le sont pas uniquement parce que ce document stratégique, dans le contexte des différents scénarii de gouvernance pour notre Région, révèle que l’échelon pertinent d’intervention politique c’est la Région… Et plus encore que l’échelle pertinente d’aménagement du territoire, d’anticipation des enjeux environnementaux et de mise en œuvre des solidarités c’est la Région Ile de France.
Nous ne voterons donc pas cette motion de renvoi.