Intervention sur le rapport « Scénarii pour la métropole Paris – Ile-de-France »

Intervention d'Eric Ferrand sur le rapport "Scénarii pour la métropole Paris - Ile-de-France demain - phase 2."
Séance plénière du Conseil régional d'Ile-de-France, le 20 novembre 2008.



Intervention sur le rapport « Scénarii pour la métropole Paris – Ile-de-France »
Monsieur le Président,
Mesdames et messieurs les vices présidents,
Mesdames et messieurs les conseillers régionaux,


Nous accueillons très favorablement ce second rapport de la commission «Scenarii pour la métropole Paris-Île de France».

Il marque une année de travail extrêmement créatif et suffisamment productif pour que plusieurs propositions soient retenues après les assises du 25 juin.

L’actualité d’aujourd’hui, au contexte financier que nous connaissons, nous incite à penser les enjeux économiques, sociaux et environnementaux de manière globale et non par le plus petit dénominateur commun.

Ce rapport est donc l’occasion pour nous de rappeler que la Région reste plus que jamais l’échelon pertinent et l’adoption récente du Sdrif montre que nous nous sommes dotés d’un outil important, une véritable feuille de route pour relever les défis des solidarités, du logement, des déplacements ou d’un environnement meilleur et faire que « la ville » redevienne un véritable projet en soi.

La mise en place du Syndicat Mixte d’Etudes répond également à cette nécessité de travail en commun. Nous saluons la souplesse du dispositif proposé pour ce Syndicat, rendant ce lieu ouvert pour en faire un espace utile de travail en commun, entre tous, capable de dégager des projets d’envergure et d’intérêt général.

Cette démarche intelligente va naturellement à l’encontre de la précipitation voulue par le gouvernement, dont on devine aisément les objectifs à court terme. Pour lui, l’enjeu est politicien, pour nous, l’enjeu est politique.

Ne soyons pas aveugles : certains aspects de l'indispensable réflexion sur la bonne gouvernance à l’échelle de la métropole opposent plus qu’ils ne rassemblent. Il est vrai que limiter son champ de vue à Paris et aux trois départements de la petite couronne (Val de Marne- Hauts de Seine- Seine St-Denis), comme le propose le Secrétaire d’Etat Christian Blanc, réduit la question très vite à la ville-centre et donne le sentiment qu’est délaissé le reste du territoire régional, que l’aménagement du territoire devient secondaire et qu’on cherche à s’exonérer d’une pensée plus ambitieuse à l’échelle du Bassin Parisien. Notons, à ce sujet, que le dit Bassin parisien va bien au-delà du périmètre administratif et politique de la Région Île de France.

Alors se pose la question de l’intercommunalité, qui serait présentée comme la panacée. Pour nous, les inégalités, les droits, des libertés et des solidarités sont en jeu et pour les républicains cela suppose que la ville soit une aspiration démocratique.

Il faut donc à nos yeux engager la réflexion sur les modalités de coopération intercommunale en ayant pour objectif de poursuivre l’avancée que constitue la décentralisation : garantir la démocratie et l’équité dans les solidarités, trouver une convergence dynamique pour les institutions existantes sans rajouter de strates administratives et politiques supplémentaires… Il serait vain en effet de revenir en arrière en réintroduisant de la centralisation, en surimposant de nouvelles structures à celles déjà instituées ou en créant de nouveaux découpages territoriaux.

En toute priorité, ce sont les risques de ségrégation spatiale et sociale - ici ceux qui gagnent, là ceux qui perdent - qui doivent être écartés.

Nous plaidons également pour une coopération interrégionale car si la région devait avoir une vocation spécifique ce serait à l'évidence celle d'aménageur de l'espace. Mais pour ce faire, elle doit regarder au-delà de ses frontières et développer une coopération avec les régions limitrophes qui forment le grand bassin parisien.

Prendre en considération l'échelle européenne et même intercontinentale conduit à renforcer les coopérations. Les villes moyennes et les capitales régionales, que la révolution TGV englobe déjà dans le réseau de villes dont Paris restera le noeud, sont autant d'atouts dans la compétition économique internationale.
Le vieux débat Paris-province sera dépassé lorsque cette prise de conscience aura eu lieu. Une puissante constellation urbaine où chaque collectivité trouve sa place permettra de retourner à l'avantage de la France une Europe qui s’élargit à l'Est.

C'est en rassemblant toutes ses énergies, toutes, que la région capitale sera capable d'être à la hauteur de ses ambitions européennes.

La droite, après les avoir longtemps niés, ne connaît que la logique des privilèges. Elle les défendra pied à pied en guerroyant contre tous les projets que la Région présentera, et le bras de fer a commencé par la tentative de blocage du SDRIF 2008 par le gouvernement.

Nous devons avoir la force de croire qu'entre des décisions purement technocratiques et la défense d'intérêts particuliers auxquels le discours sur "l'autonomie communale" sert de paravent, il existe un espace de liberté et de responsabilité. C'est une responsabilité qui appelle des choix politiques clairs et des décisions qui s'y conforment.

Je vous remercie.


Jeudi 20 Novembre 2008
Eric Ferrand
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