La Poste : les citoyens doivent s’exprimer

Le projet de loi du gouvernement rend possible la privatisation de La Poste. Les citoyens doivent prendre la parole sur ce sujet majeur pour leur vie quotidienne.



La Poste : les citoyens doivent s’exprimer
C’est le 29 juillet dernier, au cœur de l’été, que le gouvernement a choisi de s’attaquer à nouveau au service public par excellence, celui de La Poste.

Le projet de loi examiné en conseil des ministres prévoit la transformation de La Poste en société anonyme dès le 1er janvier 2010 et la transposition en droit français de la directive européenne postale de février 2008 qui libéralise le marché du courrier au 1er janvier 2011. Par la suite, le capital de cette société de statut privé serait augmenté de 2,7 milliards, 1,5 milliard venant de la Caisse des dépôts et 1,2 de l’État.

Face aux déclarations faussement rassurantes du gouvernement, plusieurs vérités méritent d’être rappelées.

Tout d’abord, le texte ne garantit pas que La Poste restera à 100% publique. Une filiale à capitaux privés appartenant à une entreprise détenue par l’Etat, pourra entrer au capital de la Poste. La direction de La Poste ne cache d’ailleurs pas sa volonté de nouer des partenariats et d’échanger des participations avec d’autres entreprises. Le changement de statut a évidemment pour but d’introduire des capitaux privé, comme cela a été le cas pour France Telecom ou GDF . Les considérations de stricte rentabilité prendront donc le pas sur les missions de service public.

Ensuite, la qualité du service public postal (service universel du courrier, accessibilité bancaire et distribution de la presse, prix unique du timbre, distribution du courrier six jours sur sept, présence de la Poste en zone rurale) n’est pas davantage assurée. Aucun financement pérenne n’est formellement prévu pour permettre à la Poste d’assumer des missions de service public universel. Quant au maintien des points de contacts promis par le gouvernement, il s’agit d’une illusion : la création de points de contacts dans les épiceries ou les mairies s’accompagne déjà de fermetures de bureaux de poste.

Enfin, contrairement à ce qu’a affirmé le ministre de l’Industrie, le changement de statut n’est en rien une obligation découlant du droit européen. La directive européenne prévoit seulement l’ouverture à la concurrence.

Le service public de La Poste est donc menacé par la volonté politique du président de la République et du gouvernement, alors même que les sondages indiquent qu’une majorité de Français est hostile à la privatisation. Rien ne justifie la transformation de La Poste en une société comme les autres. Les privatisations opérées en Europe ont conduit à des pertes d’emplois et à une dégradation du service pour un prix plus élevé.

Il est donc essentiel que les citoyens s’expriment sur ce sujet majeur. C’est pourquoi le MRC soutient l’organisation par le Comité national contre la privatisation de la Poste d’une votation citoyenne sur le statut de La Poste le 3 octobre prochain.

Mercredi 2 Septembre 2009
Guillaume Vuilletet
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