La Poste : non à la privatisation

Par Guillaume Vuilletet, président du groupe Républicain, Radical et Citoyen (2RC).

Le changement de statut de La Poste envisagé par le gouvernement ouvre la voie à une privatisation qui remettrait en cause ce service public essentiel. Au moment où la crise renforce le besoin de services publics forts, le gouvernement doit abandonner ce projet ou le soumettre au référendum.



La Poste : non à la privatisation
Le projet gouvernemental visant à transformer le statut de La Poste est loin d’être purement «technique». En effet, le passage du statut d’établissement public industriel et commercial à celui de société anonyme permettrait d’ouvrir le capital de La Poste à l’actionnariat privé. La participation de l’Etat au sein de cette société anonyme pourrait à terme devenir minoritaire, comme dans le cas de France Telecom ou de Gaz de France. La Poste deviendrait alors une entreprise comme les autres.

Or, précisément, La Poste n’est pas une entreprise comme les autres. En assurant sur tout le territoire, y compris dans les zones les plus isolées, un service uniforme, fondé sur les mêmes tarifs, La Poste représente le service public par excellence. Elle donne vie aux principes d’égalité sociale et de solidarité territoriale et contribue à l’aménagement du territoire en assurant un service public de proximité.

En s’ouvrant aux capitaux privés, soucieux de rentabilité immédiate, La Poste ne serait plus en mesure d’assumer ces missions. Les opérations et les territoires les moins « rentables » seraient progressivement délaissés.

Les Français sont légitimement attachés au service public et à la présence postale, comme le montre le succès des pétitions et manifestations organisées en 2008 et 2009. De plus, la crise actuelle renforce le besoin d’un établissement financier public, facteur de stabilité économique et de justice sociale. La présence des services publics de proximité représente également une garantie importante pour les populations les plus fragilisées.

C’est pourquoi, après avoir signé la pétition commune de plusieurs partis de gauche en septembre 2008 contre la privatisation de La Poste, le MRC soutient l’initiative du Comité national contre la privatisation de La Poste, pour un débat public et un référendum sur l’avenir du service public postal, qui a remis le 12 février 2009 une lettre ouverte au Président de la République lui rappelant son opposition à la privatisation de La Poste et lui demandant expressément de créer les conditions permettant une consultation de la population sur ce sujet.

Mardi 3 Mars 2009
Guillaume Vuilletet
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