Ainsi, le Val d’Oise - et plus particulièrement les populations des communes riveraines les plus touchées par le chômage - bénéficie moins des retombées des emplois créés autour de l’aéroport de Paris-CDG que le département de l’Oise ou d’autres départements franciliens. Même si cette situation trouve son origine dans des facteurs multiples, il n’en demeure pas moins que l’absence de transports publics directs et réguliers reliant les communes de l’Est du département, comme celles de Val de France ou de Gonesse, en est une des causes dimensionnantes.
Nous savons que vous partagez ce diagnostic et vous avez montré à maintes reprises votre volonté de remédier à cette situation inacceptable. En particulier, en inscrivant à nouveau au CPER 2007-2013 et au Schéma Directeur de la Région Ile-de-France, l’interconnexion des RER B et RER D au niveau du triangle de Gonesse, notre assemblée a réaffirmé, sous votre impulsion, sa volonté de reconnecter la plate-forme aéroportuaire de Roissy-CDG à son territoire d’implantation et de désenclaver l’Est du Val d’Oise par une liaison structurante avec le dynamisme et les emplois du pôle de Roissy. Mieux encore, dans le SDRIF, les élus régionaux ont tenu à conditionner la création du CDG-Express à celle du barreau d’interconnexion de Gonesse.
En effet, il ne s’agit pas d’un projet nouveau et il figurait déjà au précédent CPER 2000-2006, dont on sait ce qu’il est advenu du volet transports par la faute d’un Etat qui n’a pas respecté sa parole et ses engagements.
Mais l’Etat tarde encore à tenir ses engagements en la matière. Pire, en liant ce projet de raccordement, pourtant gravé dans le marbre de deux documents aussi importants que le CPER 2007-2013 et le SDRIF, à l’hypothétique mise en œuvre d’un énième plan Espoir Banlieues, le président Nicolas Sarkozy a en effet exacerbé les inquiétudes et a même frappé certains élus locaux de doute systématique. On peut les comprendre au regard des discours sans lendemain prononcés devant les salariés de l’Usine Mittal de Gandrange contraignant les salariés à graver, en guise de rappel, dans un marbre bien particulier (celui-là) ses promesses d’hier !
Pour faire face au retard pris par l’Etat, le STIF a donc retenu une solution provisoire consistant en une liaison par autobus en site propre. Cette solution provisoire, annoncée comme telle, aurait dû être saluée. En effet, elle permettra d’offrir à très court terme un meilleurs accès aux emplois du pôle de Roissy pour les populations riveraines de l’aéroport en attendant la solution durable et pérenne de l’interconnexion ferrée.
Pourtant, une polémique grandit actuellement autour d’un supposé abandon du projet de liaison ferrée. La droite locale fut la première à dénaturer la décision de solution provisoire de raccordement par bus en l’amalgamant au contexte de grandes difficultés que connaissent les usagers de la ligne D du RER. Ce procédé vise, dans un contexte de désengagement de l’Etat des transports publics franciliens, à détourner l’attention des usagers et à masquer les véritables responsabilités dans la situation que subissent aujourd’hui les usagers du RER D.
Malheureusement, quelques élus de gauche ont aussi, sûrement de bonne foi, porté crédit à ce grossier montage en épingle en surenchérissant sur le potentiel abandon du projet d’interconnexion ferrée par une mauvaise interprétation de cette solution provisoire de raccordement par bus. L’annonce par le gouvernement dans le même temps de l’accélération du projet de CDG-Express et de la création d’une ligne reliant Creil à Roissy a pu aussi contribuer à attiser les tensions.
C’est pourquoi une clarification nous paraît nécessaire aujourd’hui sur ce dossier.
Afin d’éviter les inquiétudes inutiles et de dissiper tout malentendu, pouvez-vous, Monsieur le Président, confirmer le caractère seulement provisoire de la solution récemment retenue par le STIF et l’engagement de la Région sur l’objectif de réalisation de l’interconnexion ferrée entre les lignes B et D du RER ?
Je vous remercie.
Réponse de M. Jean-Paul HUCHON, Président du Conseil Régional d’Ile-de-France :
Je remercie Rachid Adda d’avoir posé cette question qui va me permettre de faire définitivement la lumière sur ce sujet.
Le principe d’une liaison ferrée, reliant les RER B et D, dite barreau de Gonesse, est inscrit au projet de SDRIF approuvé par le Conseil régional. Ce projet vise à mieux structurer ce territoire du Val d’Oise, actuellement mal desservi par les transports en commun, en améliorant les liaisons avec le réseau RER, avec le pôle aéroportuaire de Roissy et en offrant de nouveaux services de desserte du Parc International des expositions de Villepinte (PIEX).
En 2008, le STIF a engagé les études de ce projet. La solution ferroviaire est pertinente sur le long terme – il faut une dizaine d’années pour les études et la réalisation -, mais ne répond pas à la nécessité d’apporter une réponse d’urgence à la situation des franciliens de ce territoire. C’est pourquoi nous avons envisagé une première étape sous forme d’un projet de bus à haut niveau de service (BHNS) pour partie réalisé en site propre.
Les études de cette première phase sont en cours. Elles portent sur plusieurs tracés possibles, certains empruntant les emprises réservées pour le projet ferroviaire, d’autres assurant une desserte plus urbaine. Son coût est évalué à 80 M€.
Compte tenu de l’impact de ce projet pour la desserte des quartiers « Politique de la Ville », la Région et l’Etat l’ont inclus dans le Plan Banlieues pour 50 M€, en complément du Contrat de projet (10 M€). Le CPRD 95 qui est soumis au vote de votre assemblée aujourd’hui complète ce financement à hauteur de 20 M€.
Le processus est suffisamment avancé pour envisager une concertation fin 2009, l’approbation de l’avant-projet en 2011 et une mise en service à l’horizon de la fin du Contrat de projet, autour de 2013.
J’ai évoqué cette situation à l’occasion des vœux de l’EPA Plaine de France et, j’ai déjà apporté toutes assurances pour que la solution ferroviaire soit préservée. Ainsi, le STIF étudie actuellement toutes les options préalables à la réalisation, notamment la réservation des emprises foncières.