La poubelle des Franciliens est plus chère

Articles parus dans Le Parisien et Direct Matin, le 18 novembre et dans 20 minutes, le 17 novembre 2009.



La poubelle des Franciliens est plus chère
Article paru dans Le Parisien, le 18 novembre

Attention, ça brûle ! Il n’y a pas que la planète qui se réchauffe en raison de la production de déchets. Alors que le volume des poubelles tend à stagner depuis environ quatre ans, le coût du traitement des ordures en Ile-de-France, lui, flambe aussi. Une inflation directement subie par les 99 % de ménages franciliens concernés par la taxe sur l’enlèvement des ordures ménagères.

Une augmentation de 47%en neuf ans

Cet impôt local « a augmenté en moyenne de 47 % en Ile-de-France depuis neuf ans », a révélé hier l’Observatoire régional des déchets (Ordif), qui tenait une conférence de presse pour présenter son rapport annuel. Les experts ont épluché les rapports d’activités de la centaine de syndicats et structures diverses qui gèrent la collecte et le traitement des ordures ménagères dans la région. Un enchevêtrement d’acteurs qui rend l’analyse des coûts plutôt complexe. Peut-être à dessein. « Rien n’a jamais été fait pour qu’on sache combien coûte exactement l’enlèvement des ordures, confie Eric Chevaillier, président de l’Ordif et élu PS au conseil régional. La partie financière n’est jamais abordée quand on présente des plans de réduction des déchets. » Selon les chiffres collectés par l’organisme, l’Etat a prélevé 1,2 milliard d’euros sur les ménages et les entreprises assimilées en 2008. C’est 380 millions d’euros de plus qu’en 2000. Rapporté aux 11,5 millions d’habitants de la région, le coût du traitement des déchets équivaut à 106 € par an et par habitant en Ile-de-France, alors que la moyenne nationale oscille autour de 90 €.

Les collectivités jetteraient-elles par les fenêtres les deniers dévolus aux poubelles ? Selon l’Ordif, l’augmentation des taxes serait plutôt la conséquence « des lourds investissements réalisés ces dernières années, notamment pour mettre aux normes environnementales européennes les 18 incinérateurs de la région », explique Helder de Oliveira, le directeur de l’observatoire. La généralisation de la collecte sélective, qui implique l’embauche de personnel et davantage de tournées de ramassage, contribue aussi à la hausse des coûts.

« Depuis une dizaine d’années, la taxe sur les ordures ménagères augmente de 5 % par an de façon quasi constante, souligne Eric Chevaillier. Ce rythme n’est pas tenable. A long terme, la pression sociale va forcer les élus à faire des choix. » Soulager les contribuables ou financer la valorisation des déchets et la préservation de l’environnement ? L’Ordif craint que cet arbitrage ne s’opère au détriment « d’investissements nécessaires » dans les usines chargées de détruire ou de transformer en nouvelles matières premières les poubelles des Franciliens.

Selon l’observatoire, la politique francilienne de gestion des déchets produit pourtant des effets positifs. La région capitale figure ainsi parmi les champions européens de l’incinération. La part, réduite, d’ordures mises en décharge la place juste derrière les pays nordiques, l’Allemagne ou la Belgique.

Christel Brigaudeau



Article paru dans Direct Matin, le 18 novembre

C’est un paradoxe. Alors que la production de déchets stagne ces dernières années en Ile-de-France, le coût de leur traitement, lui, n’a cessé de croître, selon une étude de l’Observatoire régional des déchets (ORDIF) publiée hier.

La taxe d’enlèvement des ordures ménagères, qui concerne 97 % des communes franciliennes, a enregistré une hausse de 47 %, soit près de 380 millions d’euros entre 2000 et 2008. Elle s’établit en moyenne à 106 euros par habitant dans la région, contre 94 euros en France, et fait apparaitre de grandes disparités entre les départements.
De 168 euros à Paris, elle passe à 81 euros dans la Val d’Oise et 84 euros dans les Yvelines.

Pour Eric Chevaillier, Président de l’ORDIF, cette hausse des coûts est due notamment aux « investissements réalisés pour moderniser les incinérateurs ainsi qu’à la mise en place de la collecte sélective ». Mais il pointe également « une gestion très peu rationalisée », handicapée par des structures trop nombreuses. En 2007, près de 5,68 millions de tonnes de déchets ménagers ont été collectés en Ile-de-France, soit 492 kg par habitant et par an, contre 594 kg en France.



Article paru dans 20 Minutes, le 17 novembre

Une hausse qui sent mauvais. Dans un rapport qui sera présenté aujourd'hui et que 20 Minutes s'est procuré, l'Ordif (Observatoire régional des déchets en Ile-de-France) tire la sonnette d'alarme sur l'augmentation de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) dans la région. Celle-ci a progressé de 47 % entre 2000 et 2008. « Les Franciliens ne vont pas accepter qu'elle continue d'augmenter comme cela », prévient Eric Chevaillier, président de l'Ordif. Les élus le savent, et «pourraient décider de reporter, ou annuler, certains investissements ou projets. Une très mauvaise nouvelle dans le contexte du Grenelle de l'environnement, qui fixe une diminution de la quantité d'ordures ménagères de 5 kg par an et par habitant dans les cinq ans.»

L'Ordif n'estime pas pour autant que la hausse de ces dernières années est injustifiée. « Il y a eu beaucoup d'investissements réalisés, notamment dans les usines d'incinération ; une deuxième tournée hebdomadaire de collecte sélective a été mise en place à Paris, tout cela s'est répercuté sur la taxe », explique Eric Chevaillier. Il estime cependant qu'il faudrait « tester la redevance incitative, une taxe calculée sur le service rendu ou le poids des déchets, qui permet généralement de diminuer la facture, car le citoyen fait davantage attention à sa quantité de déchets. » Exemple : à Dannemarie en Alsace, le volume des déchets par habitant par an est passé de 205 kg à 104 kg après le passage à la redevance.

La TEOM, assise sur la taxe foncière, est, de surcroît, souvent jugée floue et injuste. Dans une récente question à l'Assemblée, la députée UMP de Paris Martine Aurillac soulignait qu'« un propriétaire d'une résidence principale et de trois garages paiera la TEOM pour tous ces lieux, même si seule son habitation est productrice de déchets. » En Ile-de-France, 97 % des collectivités appliquent la taxe, contre 67 % en France, du fait de la densité de population. « Il est plus difficile d'appliquer la redevance en habitat collectif qu'en secteur pavillonnaire, admet Eric Chevaillier, mais ce n'est pas impossible, grâce à de nouveaux dispositifs à codes-barres. » L'Ordif va solliciter plusieurs communes franciliennes pour qu'elles testent un système de redevance. W

Mickaël Bosredon


Des efforts à fournir pour mieux trier

Avec 5,7 millions de tonnes collectées en 2007, la quantité de déchets ménagers en Ile-de-France reste stable, alors qu'elle n'avait cessé d'augmenter entre 1988 et 2002. « Une bonne nouvelle » pour l'Ordif, même si ce volume devra diminuer ces prochaines années pour respecter les ambitions du Grenelle. On constate une baisse constante du volume d'ordures ménagères résiduelles, du fait de l'augmentation de la collecte sélective. Mais l'Ile-de-France n'est pas pour autant la championne du tri : 56 kg/an/habitant, contre 75 kg en moyenne en France. « Il y a un potentiel de progression énorme, reconnaît-on à l'Ordif. Par exemple à Paris et en petite couronne, 70 % des papiers et cartons restent dans le résiduel. »

Les ratios d'ordures ménagères résiduelles sont plus élevés à Paris et en petite couronne, et les performances de collecte sélective des recyclables secs (emballages, journaux, magazines, verre) plus élevées en grande couronne. L'incinération reste le principal mode de traitement des déchets. W

M. B.

Mardi 17 Novembre 2009
Le Parisien, Direct Matin, 20 Minutes
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