N’est pas Fernand Braudel qui veut !

En prétendant subitement que l’ouverture d’un « grand débat » sur l’ « identité nationale » s’impose, Eric Besson ignore le modèle républicain, fait preuve de démagogie et d’une indicible prétention.



N’est pas Fernand Braudel qui veut !
La démagogie est évidente et la manière grossière. Alors que le chômage augmente, on lance artificiellement un « grand débat » sur l’« identité » de notre pays pour faire diversion, occulter les échecs et les gaffes à répétition du pouvoir et rattraper les voix de l’extrême droite. Le gouvernement lie « identité nationale » et immigration. Il court derrière l’extrême droite et son discours.

L’importance de la nation, qui est le cadre légitime de la vie démocratique et de la protection sociale, mérite d’être rappelée, au moment où la mondialisation libérale fait la preuve de son échec. Mais ce sujet n’appartient pas à l’extrême droite et Madame Le Pen n’a aucune expertise en la matière.

Mettre sans cesse la question identitaire dans le débat public est encore plus suspect si, comme l’a rappelé Jean-Pierre Chevènement, il s’agit, au-delà des calculs électoraux, de revenir sur la conception républicaine de la nation, pour lui préférer une conception « ethnique ».
C’est pourquoi le MRC ne participera pas au « grand débat » décrété par le gouvernement. Il préfère pour sa part parler de l’identité républicaine de la France, fondée historiquement sur une communauté de citoyens partageant les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité.

Au-delà de cette définition qui, pour le MRC, ne fait pas débat, les questions d’identité, éminemment complexes, ne sauraient faire l’objet de déclarations à l’emporte-pièce sur un blog de circonstance ni de débats mis en scène dans des préfectures. Elles invitent à davantage d’humilité. Les historiens comme Renan, qui publia Qu’est-ce qu’une nation ? en 1869 ou Fernand Braudel, auteur en 1986 de l’ouvrage L’identité de la France, sont à même d’éclairer et d’ouvrir nos esprits. S’il faut parler d’identité, un tel sujet relève du savoir et de la réflexion rationnelle et non de la communication gouvernementale.

Lundi 9 Novembre 2009
Guillaume Vuilletet
Lu 365 fois












En direct du blog de Jean-Pierre Chevènement