Sarkozy : l’incroyable « ne peut pas mieux faire. »

Edito de Guillaume Vuilletet suite à l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy sur TF1, le lundi 25 janvier 2010.



Sarkozy : l’incroyable « ne peut pas mieux faire. »
On connaissait le registre « je vous ai compris » ; on connaissait le registre « vous allez voir ce que vous allez voir » ; on connaissait le registre « je suis avec vous ». Mais tout compte fait, il y a un nouveau style du Président de la République, celui de l’impuissance épuisée.

Face aux problèmes posés par les Français du « panel », le Président de la République a répondu par une défense molle de l’action du gouvernement et quelques lieux communs.

Il avait tout du vendeur désabusé qui ne croit plus en son propre produit ni d’ailleurs, en ses propres compétences. Le gouvernement fait ce qu’il peut même si ce n’est pas beaucoup.

Il y a bien quelques ficelles. On attaque les sportifs –qu’on sait populaires- sur leurs revenus pour mieux exonérer les patrons.

Même si les salaires d’un certain nombre de sportifs sont en effet indécents, le Président de la République oublie que ceux-ci ont au moins l’obligation d’être bons pour les toucher. Ce n’est pas le cas des patrons qui aujourd’hui s’octroient des revenus déments, protégés par des retraites chapeaux et des parachutes dorés qui les exonèrent de toute sanction en cas de défaillance. Car c’est bien là l’obscénité du système, à laquelle M. Sarkozy ne veut pas toucher : la totale irresponsabilité de ces « responsables », dont les fautes ne sont même pas sanctionnées par la crise.

Mais revenons à l’impuissance gouvernementale revendiquée. Le « je ne peux pas mieux faire » de M. Sarkozy oublie une donnée fondamentale : c’est qu’il est provoqué par un « je ne veux pas mieux faire ».

Les 4 milliards d’investissements par an du «Grand Emprunt » ne peuvent pas faire oublier les 13 milliards du cadeau fiscal offert aux plus riches.

La vraie philosophie du Chef de l’Etat est celle « de la nécessaire réduction des dépenses publiques » comme il le rappelait dans son discours de Saint-Dié-des-Vosges. Il se désole donc de l’impuissance publique alors qu’il a méthodiquement coupé les ailes à l’Etat et qu’il veut demain couper les jarrets des collectivités locales.

Il est vrai qu’il est plus simple de satisfaire aux exigences des plus riches que de faire semblant de s’occuper des problèmes des plus malheureux.

En pleine faillite du système libéral, la rapacité de ceux qui l’ont géré en toute impunité, a donc encore de beaux jours devant elle. La France attendra pour une politique industrielle qui créée de la richesse et des emplois ; elle attendra une fiscalité plus juste qui protège le travail ; elle attendra pour une protection raisonnée face aux importations en provenance des Etats-voyous sur le plan social et environnemental.

A moins, que, en bon correcteur démocratique du gouvernement, le peuple français décide de ne pas se satisfaire du « je ne peux pas mieux faire ».

Mardi 26 Janvier 2010
Guillaume Vuilletet
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