Sécurité : la faillite du gouvernement

On savait depuis longtemps que la sécurité était le thème de communication préféré du président de la République. On sait maintenant que, dans la réalité, sa politique est un échec.



Sécurité : la faillite du gouvernement
Conçue avant tout comme une stratégie de communication, l’action gouvernementale en matière de sécurité se traduit par une désastreuse politique du chiffre. L’assignation d’objectifs quantitatifs a priori aux forces de police a profondément traumatisé les agents des forces de l’ordre. A juste titre ! Leur mission est d’agir au service de l’intérêt général et de la tranquillité des citoyens.

Au-delà des effets d’annonce, force est de constater la faillite de la politique menée depuis 2002 par Nicolas Sarkozy, au ministère de l’Intérieur puis à l’Elysée. La réalité, révélée par les statistiques de l’Observatoire National de la Délinquance, c’est l’augmentation constante des violences aux personnes - les plus graves -, la poussée spectaculaire des vols avec violence et la hausse des cambriolages.

Le gouvernement échoue sur son supposé terrain de prédilection, parce qu’il n’a pas pris la mesure de la situation du pays. Il ne voit pas que la crise économique et sociale tend les rapports sociaux et aggrave les situations de détresse. La crise rend nécessaire un renforcement – et non une diminution – de l’action publique, en matière de sécurité comme dans les autres services publics.

La Région Ile de France ne ménage pas ses efforts et dépasse même ses compétences obligatoires en matière de sécurité (programmes triennaux dans les transports, procédure d’installation de la vidéo-surveillance dans les lycées, financement de la construction de commissariats et de bureaux de police dans lesquels l’Etat n’affecte pas les personnels de police en nombre suffisant).

En revanche, le gouvernement ne se donne pas les moyens des ambitions qu’il affiche. On ne peut lutter contre la délinquance si les effectifs sont insuffisants. Or, le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux d'ici à 2012 va conduire 3.500 gendarmes et 6.000 policiers à quitter leurs fonctions. Les cadets de la République ont failli faire les frais de la gestion budgétaire gouvernementale et le ministre de l’Intérieur s’inquiétait cet été du fait qu’aucun recrutement de gardiens de la paix ne serait prévu en 2010.

La police a besoin de moyens. Elle doit être en phase avec la réalité du terrain. Dans ce contexte, la mise en place d’une police de proximité, à la fois préventive, dissuasive et répressive, engagée par Jean-Pierre Chevènement avant d’être abandonnée par Nicolas Sarkozy, retrouve toute son actualité.

Mardi 1 Septembre 2009
Guillaume Vuilletet
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