Depuis, la mesure a été mise au placard, sortie du placard et enfin mise au réfrigérateur dans l’attente de notre grande Arlésienne : les propositions de Christian Blanc. Car la dernière annonce en date dans cette cacophonie, c’est l’intervention à venir du Président de la République après transmission de ces dites propositions. Leur contenu est un secret bien gardé puisqu’il n’est connu que de la presse… et des élus de l’UMP.
Sincèrement, je ne conteste en rien les prérogatives de l’Etat dans l’aménagement de la Région capitale, mais tout de même ! La décentralisation est inscrite dans la Constitution. C’est un gouvernement UMP – auquel participait l’actuel Président de la République – qui l’a voulu ainsi. Une majorité parlementaire dont était membre Monsieur Blanc qui a voté cette révision.
Il existe des collectivités démocratiquement élues. Dans les instances de ces collectivités siègent des élus aux convictions pluralistes et qui représentent les populations. Le rôle de l’Etat n’est pas de s’asseoir sur la légitimité de ces élus au motif à peine caché de préparer les échéances électorales.
Les élus régionaux et départementaux travaillent au plus près de nos concitoyens et ils connaissent bien leurs besoins. A cet égard, vous avez présenté au comité Balladur des propositions concrètes d’évolution institutionnelle, nourri que vous étiez par le travail reconnu de la commission animée par Jean-Paul Planchou et Claude Pernès.
Et comme la démarche n’est pas simplement institutionnelle, vous avez présenté un plan de mobilisation de 18 milliards d’euros face aux défis majeurs des transports publics franciliens. Alors je ne doute pas que Monsieur Blanc réfléchisse intensément, mais nous, nous travaillons.
Ma question sera donc double, Monsieur le Président :
- En premier lieu, Monsieur Blanc a-t-il eu l’élémentaire courtoisie républicaine de vous transmettre les propositions qu’il a pris soin de photocopier au profit des élus UMP, réunis dans cet hémicycle il y a quelques jours ?
- En second lieu, parce qu’il faut parler de choses concrètes plutôt que d’attendre les oracles de Monsieur Blanc, avez-vous enfin un engagement du gouvernement sur les 6 milliards d’euros qu’il doit apporter au plan de mobilisation pour les transports ? Si ce n’est pas le cas, quelles mesures entendez-vous prendre face aux atermoiements du gouvernement ?
Je vous remercie.
Réponse de M. Jean-Paul HUCHON, Président du Conseil régional d’Ile-de-France :
Cher collègue,
Vous me posez deux questions, ma réponse sera la même : non et non.
Non, Christian Blanc n’a pas eu « l’élémentaire courtoisie républicaine », selon vos termes, de me présenter son plan qui concerne pourtant l’aménagement de l’Ile-de-France, domaine qui relève pleinement de la compétence de notre assemblée et donc de son Président, au titre de la loi dite « Pasqua » de 1995. Je n’en connais comme vous que ce que la presse a publié ou que le secrétaire d’Etat a, de manière allusive, annoncé le 17 mars dernier lors de la présentation des travaux des 10 cabinets d’architecture récemment consultés par l’Etat. Cette situation est inacceptable et votre question me donne une nouvelle fois l’occasion de la dénoncer publiquement.
Non, le gouvernement n’a pas à ce jour répondu présent sur le financement du plan de Mobilisation des transports, alors même que j’ai rencontré à plusieurs reprises le ministre Jean-Louis Borloo sur ce sujet et qu’il m’a manifesté tout son intérêt aux propositions faites. Faut-il préciser que les services de l’Etat ont été bien évidemment associés étroitement à l’élaboration de ce plan ?
Pour ma part avec les présidents de conseils généraux, je continue d’avancer avec détermination sur ce plan de Mobilisation qui constitue une vraie réponse aux besoins de développement des transports collectifs à court, moyen et long terme.
Ce plan de Mobilisation est le fruit d’un travail de près d’un an qui a associé autour de moi les présidents des conseils généraux et les services extérieurs de l’Etat. Puisque c’est le devenir de la région capitale qui en est l’enjeu, je suis convaincu que Christian Blanc se ralliera à ce plan, en le complétant éventuellement. Et nous aurons, j’espère, l’occasion de porter prochainement une appréciation sur ses propositions.
La participation de l’Etat à ce plan se fait toujours attendre malgré nos interpellations répétées et plus encore, malgré l’attente très forte des usagers dont les médias se font de plus en plus l’écho. Que chacun prenne ses responsabilités, je ne manquerai pas de prendre les miennes !
Ainsi, je proposerai ce vendredi aux présidents des conseils généraux la mise en œuvre de ce plan par nos collectivités. L’urgence est trop grande, les huit mois perdus à attendre la réponse de l’Etat sont autant de mois de souffrances pour nos concitoyens. Bien évidemment, j’espère que l’Etat nous rejoindra parce que notre projet est bon.
Pour moi, la question de l’aménagement du territoire francilien et plus particulièrement, celle des transports collectifs, est essentielle pour notre région. Elle est d’ailleurs au cœur du projet de SDRIF que nous avons voté et que le gouvernement n’a toujours pas transmis au Conseil d’Etat et a fortiori adopté. Il serait inacceptable que d’aucuns l’instrumentalisent. Cette question doit être traitée avec sérénité et sens des responsabilités, comme nous le faisons depuis trois exactement au STIF.